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Prémisses du 10 mai 2011 : accueil Officiels 6 mai

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Collectif161

Collectif Toulousain pour la Commémoration de l’Abolition de l’Esclavage, de la Traite Négrière Transatlantique et de l’Océan Indien.

 Discours pour l’Accueil des Officiels du 06 mai 2011

Salle des Illustres Mairie de Toulouse

  • M. le Maire de Toulouse,
  • Madame et Messieurs les représentants de l’Etat
  • Mesdames et messieurs les Élus,
  • Mesdames et messieurs,

Il m’est fait l’honneur ici aujourd’hui en cette année 2011, de représenter d’une seule voix les différentes associations et bénévoles investies dans le projet du Collectif161.

2011, « Année Internationale des personnes d’ascendance africaine, Année des outre-mer Français,  Année des 10 ans de la loi Taubira » est donc une année où se conjugue l’ensemble de nos mémoires et l’ensemble de nos espérances.

Le Collectif161 est une conviction. La conviction que Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.….. et qu’ils ont comme horizon celui de « Vivre Libre » ou de « Mourir ».

C’est la conviction que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés…. Dont celui de la liberté.

C’est la conviction que nul homme n’est autorisé à soumettre un autre.

Le collectif161 est un combat : le prolongement AUJOURD’HUI ICI à TOULOUSE d’une lutte commencée il y a maintenant plusieurs siècles. C’est le combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

Le collectif161 est le prolongement AUJOURD’HUI ICI à TOULOUSE de l’héritage républicain légué par des hommes et des femmes comme Toussaint Louverture (1743), Le Chevalier de Saint-Georges (1747), Olympe de Gouges (1748), Le Général Dumas (1762), Léger-Félicité Sonthonax (1763), Delgrès (1766), La Mulâtresse Solitude (1772), Victor Hugo (1802), Schœlcher (1804), Gambetta (1838), Jean Jaurès (1853), …. Et je pourrai en citer d’autres.

Toulouse cette ville aux couleurs diverses ou l’on aime à venir maronner. Toulouse cette ville de conviction qui fût l’une des premières à refuser l’ignominie de l’esclavage sur son sol. Toulouse cette ville où le Quai de la Daurade ne s’est jamais transformé en port négrier. Toulouse n’a jamais soutenu l’esclavage et ce depuis le XIIIe siècle. En 1226, le pouvoir municipal toulousain a posé cette coutume et les Capitouls s’y sont toujours tenus.

Au delà de Toulouse c’est tout Midi-Pyrénées qui partage avec nous cet héritage. Oui Olympe de Gouges  né un 07 mai 1748 non loin d’ici a beaucoup fait pour cette cause qui est la nôtre.

Nous le savons tous, notre engagement n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible depuis 2008 de la ville de Toulouse. Nous avons la conviction qu’aujourd’hui l’équipe municipale dans son ensemble a conscience que commémorer les mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions : Ce n’est autre chose que de rappeler « autour de cette mémoire à la fois singulière et commune » à l’ensemble des Toulousains quels furent les engagements premiers de leur ville.

Toulouse a su donner l’exemple pour écarter de son sol ce pêché inexpiable que fut la traite d’être humains au seul bénéfice de l’argent et du capitalisme naissant.

Toulouse à toujours su dire non à l’esclavage, non à l’exploitation de l’homme par l’homme, non à l’absence de solidarité. Et avec nous, en 2009, elle a su dire non à la pwofitasiyon.

Toulouse à toujours su dire non, c’est pour cela qu’aujourd’hui nous honorons de notre présence cette salle des Illustres.

Oui, s’engager à faire vivre la date nationale du « 10 mai », c’est le moyen qui nous est donné chaque année depuis à peine 10 ans au niveau national, de faire oeuvre de mémoire et d’histoire.

C’est le moyen qui nous est donné d’honorer la mémoire de ceux qui  depuis le 1er jour se sont soulevés contre cette ignominie qu’a été la traite négrière et l’esclavage qui en a résulté.

C’est notre moyen à nous de rendre honneur à la République (en tout cas à cette république qui nous ressemble : celle de La Liberté, de l’Egalité, de la fraternité et de la diversité…. La République de la Résistance et de la dissidence.

Oui, le cri « vivre libre ou mourir » est le premier cri républicain, il tonna si fort qu’on l’entendit retentir le 10 mai 1802 à la Guadeloupe.

Nos projets autour de la sixième journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions en mai 2011 à Toulouse sont le résultat de cette conviction.

Voilà seulement 10 ans la République osait reconnaître la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Commémorer les abolitions de l’esclavage et de la traite négrière transatlantique  et de l’océan indien, c’est chaque année rappeler que la république est l’espace commun où nous nous sommes réconciliés pour réclamer justice.

Car ceux qui réclamèrent justice en 1789, 1791, en 1802, en 1967, en 2009 ne sont ni les victimes et ni les maîtres, mais simplement des citoyens honnêtes d’une république pleine et entière.

Voilà 10 ans qu’une femme de cette république, La députée Christiane Taubira obtenait après un labeur parlementaire sans nom, d’arracher de la conscience de ses pairs une loi qui reconnaissait la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Liberté, oui, liberté de dire et de raconter car la liberté est le fondement de la république solidaire

Egalité, oui, car partout il est question de faire toute la vérité sur l’histoire commune

Fraternité, oui, car nulle part il n’est question d’accusation ou de vengeance

Le Collectif Toulousain pour la commémoration de l’abolition de l’Esclavage est là comme une sentinelle dans la ville.  Une sentinelle dans nos consciences.

C’est un collectif de combat.

Combat pour la mémoire des morts.

Combat pour la dignité des vivants.

Je vous remercie

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