Toulouse 10 mai 2010

Discours du 10 mai 2010

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DISCOURS COMMEMORATION 10 MAI 2010

à Toulouse Jardin de l’Europe Compans Caffarelli

- Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
- Mesdames et Messieurs les Députés,
- Monsieur le Préfet,
- Monsieur le Président du Conseil Régional,
- Monsieur le Président du Conseil Général,
- M. le Maire de Toulouse,
- Mesdames et messieurs les Élus,
- Mesdames et messieurs,

Au nom des associations regroupées au sein du COLLLECTIF 161, pour célébrer, avec vous, la commémoration de l’Abolition de l’Esclavage, de la TRAITE NÉGRIÈRE TRANSATLANTIQUE et de l’océan INDIEN,

Je vous remercie de bien vouloir m’accorder quelques minutes d’attention et une écoute attentive :

L’année dernière à cette même place, je partageais avec vous un discours à caractère historique et explicatif. Aujourd’hui, l’heure est à la prise de conscience et à l’action. La montée de la xénophobie, des discriminations et des comportements d’intolérance et des actes racistes, nous oblige à être « vigilants » !

Le « racisme » est contagieux, il faut se prémunir contre lui, ses racines sont encore vivaces !
Il ne s’agit pas pour nous de culpabiliser ou d’accuser mais :

- d’ honorer nos valeureux ancêtres, victimes de la stupidité et de la cruauté
- d’éduquer nos enfants afin de ne plus permettre à de telles monstruosités d’avoir cours au sein de la République voire de l’Humanité toute entière
- d’informer les citoyens sur une triste époque de l’Histoire de la République, mais c’est notre Histoire commune, et il faut l’assumer
- de se rappeler que l’Histoire de l’Homme Noir, ne commence pas avec l’esclavage (lire OMOTUNDE et le livre « les étoiles noires » de Lilian THURAM )
- de mieux se connaître pour apprendre à vivre ensemble en toute harmonie, tolérance et respect
- de faire acte de contrition pour permettre le pardon

et ainsi parvenir à une véritable unité du peuple français

  • d’instaurer la date du 10 Mai, jour « férié » pour permettre à l’ensemble des Français de prendre conscience de l’importance de la commémoration de l’abolition de l’esclavage,
  • d’envisager, pourquoi pas, la mise en place des trois « R » : Reconnaissance, Réparation, Réconciliation. (Proposition suggérée lors de la conférence de Durban sur le racisme en 2009), et la commémoration, d’aujourd’hui, participe et contribue à ce désir de « Réparation ».
  • de nous poser la question de savoir si un Être humain doit exister plutôt par : « des qualités et des valeurs »
  • ou plutôt par : « la couleur de son épiderme »

Le passé est criminel, le présent est délictuel, il nous appartient de faire que l’Avenir soit : «Justice c’est-à-dire Fraternel, Égalitaire et Solidaire»

Notre République doit montrer l’exemple par le respect de ses principes et l’adhésion à ses valeurs :

  • droit à la vie
  • droit à la liberté
  • interdiction des traitements inhumains
  • interdiction de l’esclavage….

( cf. : convention européenne des droits de l’Homme créée en 1959)

Je terminerai, ce discours, par quelques extraits des propos tenus par le Président de la République, lors du premier Comité Interministériel des États Généraux de l’Outre-Mer (CIOM) du 06 novembre 2009 :

«Je n’oublie pas, pour ma part, que dans des moments essentiels de l’Histoire de France, les Outre-Mer ont toujours été au rendez-vous du combat des droits de l’Homme, parfois contre une certaine France qui oubliait son message universel.

Au moment tragique des années noires du nazisme triomphant, on a vu se lever, presque partout dans les Outre-Mers, les premiers mouvements de résistance…de « dissidents » des Antilles…. qui n’ont pas hésité à venir se battre ici, en Provence, à Royan et sur les plages de Normandie.

Je n’oublie pas que parmi les premiers qui se levèrent et dirent « non » à la capitulation, il y eut un grand Français, un grand Ultramarin, Félix EBOUE, qui répondant à l’Appel du 18 juin du Général de Gaule, fit basculer l’Afrique dans le camp de la Résistance.

Je n’oublie pas, que sans les hommes et les femmes de nos Outre-Mers, sans leurs choix éclairés aux périodes critiques de notre Histoire, sans leurs contributions les plus variées à la construction de notre Nation, la France ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

La France n’aurait pas eu ces Hommes d’État d’exception qu’ont été Félix Éboué, Gaston Monnerville ou Raymond Barre.

La France n’aurait pas eu ces succès sportifs dus à des personnalités comme Roger Bambuck, Marie-Josée Pérec, Thierry Henry, Christian Karembeu, Lilian Thuram, Laura Flessel ou récemment encore, Teddy Riner…..

La France n’aurait pas eu ces hommes de lettres qu’ont été Alexandre Dumas, Saint-John Perse, imé Césaire ou René Maran, qui fut le premier écrivain noir à obtenir le prix Goncourt en 1921.

La France n’aurait pas eu des personnalités d’action et d’engagement telles que Frantz Fanon, Roland Garros ou Juliette Dodu, qui fut la première femme à recevoir la légion d’honneur à titre militaire.

Sans l’Outre-Mer, la France ne serait pas la deuxième nation au monde avec ses 11 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive, quasiment à égalité avec les États-Unis.

Sans l’Outre-Mer, la France ne serait pas une puissance spatiale de tout premier plan, ni même sans doute une puissance nucléaire respectée.

Sans l’Outre-Mer, la France n’aurait pas l’influence diplomatique majeure que lui confère sa présence sur les quatre océans et en Amérique latine.

Sans l’Outre-Mer, enfin, la France ne pourrait pas s’enorgueillir de posséder une biodiversité avec laquelle aucun autre pays au monde ne peut rivaliser.

La France sans l’Outre-Mer, ce ne serait plus la France.

Nos Outre-Mers nous rappellent combien la France a une identité plurielle…. Cette diversité… il est temps de la prendre en compte, on peut être égaux sans être semblables »……

Ce message, de considération, de reconnaissance mais surtout de fraternité et d’égalité, doit, tous, nous inciter, à aller de l’avant pour construire une société plus juste, plus égalitaire et plus respectueuse les uns des autres. La mise en application de cette déclaration ouvrira, certainement, les portes d’une société où il fait « bon vivre ».

Je vous remercie.

Pour le Collectif 161,

Christine HOUBLON, Présidente de la F.A.U.

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